Traversée des Hauts-Plateaux du Vercors : itinéraire, eau et bivouac
En bref : La traversée des Hauts-Plateaux du Vercors relie Corrençon au pied du Mont Aiguille en deux à quatre jours, sur environ 40 kilomètres sans route ni village. Dans la réserve naturelle, le bivouac est autorisé de 17 h à 9 h, le feu et les chiens sont interdits, et l'eau est rare : partez avec de bonnes réserves.
Les Hauts-Plateaux du Vercors forment la plus grande réserve naturelle terrestre de France métropolitaine. Un immense plateau calcaire, sans route, sans village et presque sans habitation, entre 1 600 et 2 300 mètres d'altitude. Le traverser du nord au sud est l'une des plus belles itinérances de moyenne montagne des Alpes françaises, et l'une des plus engagées en matière d'autonomie.
L'itinéraire classique
La traversée la plus connue relie Corrençon-en-Vercors, au nord, au pied du Mont Aiguille, au sud, en suivant pour l'essentiel le tracé du GR91.
- Distance : environ 40 kilomètres selon les variantes.
- Durée : deux à quatre jours. Trois jours est le rythme confortable, qui laisse le temps de profiter du plateau.
- Dénivelé : modéré une fois sur le plateau, mais la montée initiale depuis Corrençon et la descente finale sont soutenues.
- Point culminant : le Grand Veymont, 2 341 mètres, plus haut sommet du Vercors, accessible en aller-retour depuis le plateau.
Le paysage change au fil de la traversée. Le nord est forestier, avec des pins à crochets et des lapiaz, ces dalles calcaires creusées par l'érosion. Le centre s'ouvre sur de grandes prairies d'altitude. Le sud est dominé par la silhouette du Mont Aiguille, qu'on voit grandir pendant deux jours.
Le retour est la vraie question logistique. Corrençon et Chichilianne, au sud, sont éloignés par la route. Une seconde voiture, un taxi ou une combinaison de cars et de trains depuis Grenoble sont nécessaires. Notre article sur les treks accessibles en train aborde ce type de montage.
Les règles de la réserve naturelle
La réserve des Hauts-Plateaux applique une réglementation précise, que l'on retrouve sur notre page dédiée au Vercors :
- Bivouac autorisé de 17 h à 9 h, sous une tente légère montée le soir et démontée le matin.
- Feu interdit toute l'année, y compris les petits feux de bois. Le réchaud est toléré.
- Chiens interdits, même tenus en laisse.
- Pas de cueillette, pas de prélèvement de plantes, de roches ou de fossiles.
Ces règles ne sont pas symboliques : le plateau abrite une faune sensible, tétras-lyre, chamois, bouquetins réintroduits, et un pastoralisme estival important. Les gardes de la réserve contrôlent, notamment en été.
L'eau, la vraie difficulté
C'est le point central de la préparation. Le plateau est karstique : l'eau de pluie s'infiltre immédiatement dans le calcaire et ressort bien plus bas, au pied des falaises. Il n'y a presque pas de ruisseaux en surface.
- Quelques sources et points d'eau existent près de certaines cabanes, mais leur débit est irrégulier, et beaucoup sont taries en fin d'été et en automne.
- Les abreuvoirs et citernes pastorales ne sont pas destinés aux randonneurs, et leur eau doit de toute façon être traitée.
- Partez avec trois à quatre litres au départ de chaque journée, et considérez toute source trouvée comme un bonus.
Renseignez-vous auprès de l'office de tourisme ou de la maison du parc sur l'état des sources avant de partir, surtout après un été sec. Notre article sur les points d'eau en période de sécheresse et notre comparatif des méthodes de purification complètent la préparation.
Les cabanes non gardées
Une cinquantaine de cabanes pastorales et refuges non gardés sont dispersés sur le plateau. Certaines sont ouvertes aux randonneurs, d'autres réservées aux bergers en été.
- Elles ne se réservent pas. Premier arrivé, premier servi.
- Elles sont rudimentaires : un toit, parfois un bat-flanc, rarement un poêle.
- Gardez toujours la tente en solution de repli, en particulier le week-end et en été.
- Ne laissez aucun déchet, ni nourriture « pour les suivants » : elle attire les rongeurs.
Notre guide des abris non gardés en arrière-saison détaille l'usage de ces cabanes.
Quand y aller
- Juin et début juillet : prairies fleuries, sources encore actives. Le meilleur compromis.
- Juillet-août : chaleur sur un plateau sans ombre, eau rare, troupeaux et patous sur le plateau. Notre article sur les patous et les troupeaux est utile.
- Septembre et octobre : lumière splendide, calme absolu, mais sources souvent taries et nuits froides. Une très belle période pour les randonneurs autonomes en eau.
- Hiver : la traversée devient une sortie de ski de randonnée nordique ou de raquettes engagée, réservée aux personnes expérimentées.
Navigation
Le plateau est vaste, peu marqué, et les lapiaz créent un relief irrégulier qui rend la progression hors sentier difficile. Par temps de brouillard, l'orientation devient délicate : les repères disparaissent, les sentiers se confondent. Emportez une carte IGN au 1:25 000 et une trace GPX, et sachez utiliser une boussole. Notre article sur la navigation dans le brouillard détaille la méthode.
Préparer la traversée avec Bivtrack
Sur Bivtrack, importez la trace de la traversée et l'analyse multi-étapes la découpe en journées, en tenant compte de la règle des 17 h à 9 h. La carte des aires de bivouac affiche les règles de la réserve et les points d'eau et abris signalés par la communauté refuges.info : utile pour repérer les cabanes, à condition de vérifier l'état des sources avant de partir. Dans votre sac, prévoyez la capacité d'eau supplémentaire : Bivtrack calcule son poids, et vous verrez immédiatement ce que coûtent quatre litres au départ.
Questions fréquentes
Combien de jours pour traverser les Hauts-Plateaux du Vercors ?
Deux à quatre jours. Trois jours est le rythme le plus confortable pour la quarantaine de kilomètres entre Corrençon et le pied du Mont Aiguille, avec l'aller-retour au Grand Veymont. Les personnes rapides peuvent la faire en deux jours, au prix de longues étapes.
Peut-on bivouaquer sur les Hauts-Plateaux du Vercors ?
Oui, de 17 h à 9 h, sous une tente légère montée le soir et démontée le matin. Le feu est interdit toute l'année, les chiens aussi, même en laisse. Une cinquantaine de cabanes non gardées existent, sans réservation possible.
Où trouver de l'eau sur les Hauts-Plateaux du Vercors ?
Très peu de points d'eau existent, près de certaines cabanes, et beaucoup tarissent en fin d'été et en automne. Le plateau calcaire absorbe la pluie. Partez avec trois à quatre litres par jour, traitez toute eau trouvée, et renseignez-vous sur l'état des sources avant de partir.
Faut-il réserver les cabanes du Vercors ?
Non, les cabanes non gardées ne se réservent pas. Elles fonctionnent au premier arrivé, et certaines sont réservées aux bergers en été. Gardez toujours une tente en solution de repli.
Conclusion
La traversée des Hauts-Plateaux est une itinérance de moyenne montagne qui se mérite : peu de dénivelé, mais une autonomie totale, une eau rare et une navigation exigeante par mauvais temps. Préparez l'eau avant tout, respectez les règles de la réserve, et vous traverserez l'un des espaces les plus sauvages des Alpes françaises.