Se ravitailler sur un long trek : colis, villages et points de passage
En bref : Sur un long trek, on ne porte jamais plus de quatre à six jours de nourriture. On se ravitaille dans les villages traversés, les refuges qui vendent des vivres, ou en envoyant des colis à l'avance dans un gîte, un hôtel ou un camping. Repérez chaque point avant de partir et vérifiez leurs horaires d'ouverture.
Un trek de dix jours en autonomie complète demanderait de porter sept à huit kilos de nourriture au départ. Personne ne le fait, et personne ne devrait le faire. Les longues itinérances se construisent autour de points de ravitaillement, qui découpent le parcours en tronçons de quelques jours. Bien les choisir est l'une des clés de la préparation.
Combien de jours porter ?
Une journée de trek représente environ 600 à 800 grammes de nourriture sèche. Le poids grimpe vite :
| Jours d'autonomie | Nourriture à porter au départ |
|---|---|
| 2 jours | 1,2 à 1,6 kg |
| 4 jours | 2,4 à 3,2 kg |
| 6 jours | 3,6 à 4,8 kg |
| 8 jours | 4,8 à 6,4 kg |
Le bon repère : quatre à six jours d'autonomie au maximum entre deux ravitaillements. Au-delà, le sac devient lourd en début de tronçon et la marche s'en ressent, sauf itinéraire très isolé où l'on n'a pas le choix.
Notre article sur l'eau et l'alimentation en autonomie détaille les besoins quotidiens, et celui sur les lyophilisés et repas maison les options pour alléger.
Les quatre sources de ravitaillement
Les villages et commerces
C'est la solution la plus simple quand l'itinéraire traverse des villages : épicerie, boulangerie, supermarché dans les bourgs plus importants.
Les pièges :
- Les horaires : beaucoup d'épiceries de montagne ferment à midi, le dimanche après-midi, le lundi, ou pour la saison.
- Le choix limité : dans une petite épicerie, on trouve rarement des lyophilisés, et parfois pas de cartouche de gaz.
- Hors saison, de nombreux commerces de village ferment entre septembre et décembre, puis au printemps.
Les refuges
Les refuges gardés vendent souvent des repas, des en-cas et parfois des vivres de course : pain, fromage, barres, chocolat. Ils permettent de compléter, rarement de faire un ravitaillement complet. Un repas chaud au refuge un soir sur deux allège aussi le sac. Notre article sur les refuges en arrière-saison indique les périodes d'ouverture.
Les colis envoyés à l'avance
C'est la méthode des grandes traversées. On prépare à la maison des colis contenant la nourriture, le gaz si le transporteur l'accepte, les cartes des tronçons suivants et les consommables, et on les envoie à des points de passage.
Où les envoyer :
- Un gîte, un hôtel ou un camping où vous dormirez. Prévenez-les à l'avance et demandez leur accord : la plupart acceptent volontiers pour leurs clients.
- La poste restante : elle fonctionne bien pour le courrier, beaucoup moins pour les colis, que tous les bureaux n'acceptent pas sous cette forme et qui peuvent donner lieu à une taxe par objet. Le délai de garde est limité, de l'ordre d'une quinzaine de jours, et le retrait se fait avec une pièce d'identité. Appelez le bureau concerné avant d'envoyer quoi que ce soit, et vérifiez ses horaires, souvent très restreints dans les villages.
- Un ami ou un proche qui vous rejoint en cours de trek.
Conseils pratiques :
- Indiquez clairement votre nom, la date d'arrivée prévue et la mention « randonneur, à conserver ».
- Envoyez assez tôt, mais pas trop : une à deux semaines avant l'arrivée prévue.
- Le gaz ne peut généralement pas être envoyé par la poste : prévoyez de l'acheter sur place, et repérez les points de vente.
- Préparez un colis de retour possible : renvoyer chez soi le matériel inutile, la carte du tronçon terminé, les vêtements d'une saison passée.
Le ravitaillement par un proche
Sur un trek proche de chez soi, un proche qui rejoint le randonneur un soir avec un sac de nourriture est la solution la plus souple, et un vrai moment de partage.
Planifier les points de passage
- Tracez l'itinéraire complet et repérez tous les villages, refuges, gîtes et routes traversés.
- Découpez en tronçons de trois à six jours entre deux points de ravitaillement fiables.
- Vérifiez chaque point : horaires, jours de fermeture, ouverture en saison, possibilité de recevoir un colis.
- Prévoyez un jour de marge de nourriture sur chaque tronçon, en cas de retard ou d'intempéries.
- Calez les jours de repos sur les points de ravitaillement : un village avec épicerie et gîte est le lieu idéal pour une journée off, une douche et une lessive.
Notre article sur la planification des étapes détaille le découpage, et nos guides du GR10 et de la Haute Randonnée Pyrénéenne donnent des exemples concrets de ravitaillement.
L'eau, un ravitaillement à part
L'eau se ravitaille bien plus souvent que la nourriture, plusieurs fois par jour. Elle se planifie avec les sources, torrents et fontaines, et pose des problèmes particuliers en fin d'été et sur les plateaux calcaires. Notre article sur les points d'eau en période de sécheresse et celui sur la purification de l'eau complètent la préparation.
Le budget
Le ravitaillement en route coûte souvent plus cher qu'à la maison : épiceries de montagne, repas en refuge, envois de colis. Notre article sur le budget réel d'un trek de dix jours intègre ces dépenses.
Planifier ses ravitaillements avec Bivtrack
Sur Bivtrack, importez la trace de votre long trek, et l'analyse multi-étapes la découpe en journées avec un emplacement de nuit pour chacune. Vous repérez immédiatement les villages et refuges traversés pour placer vos points de ravitaillement. Créez un profil de sac par tronçon, avec la quantité de nourriture correspondante : Bivtrack calcule le poids au départ de chaque tronçon, et vous voyez l'effet d'un ravitaillement de plus ou de moins. L'itinéraire se partage par un lien avec la personne qui vous envoie les colis.
Questions fréquentes
Combien de jours de nourriture porter en trek ?
Quatre à six jours au maximum entre deux ravitaillements, soit 2,4 à 4,8 kilos de nourriture au départ du tronçon. Au-delà, le sac devient lourd et la marche en pâtit. Prévoyez toujours un jour de marge en cas de retard.
Comment envoyer un colis de ravitaillement en trek ?
Dans un gîte, un hôtel ou un camping où vous dormirez, après avoir obtenu leur accord, ou en poste restante au bureau de poste d'un village traversé. Indiquez votre nom, la date d'arrivée et la mention « randonneur, à conserver », et envoyez-le une à deux semaines à l'avance.
Combien de temps la poste restante garde-t-elle un colis ?
Le délai de garde est limité, de l'ordre d'une quinzaine de jours, après quoi l'envoi repart chez l'expéditeur. Attention : la poste restante vise d'abord le courrier, et tous les bureaux n'acceptent pas les colis sous cette forme. Appelez le bureau avant d'envoyer, et vérifiez ses horaires, souvent restreints dans les villages de montagne.
Peut-on envoyer une cartouche de gaz par la poste ?
Généralement non : les cartouches de gaz sont des matières dangereuses exclues des envois postaux classiques. Prévoyez de les acheter sur place, en repérant à l'avance les magasins de sport, supermarchés ou refuges qui en vendent sur votre itinéraire.
Conclusion
Un long trek se porte par tronçons. Quatre à six jours de nourriture au maximum, des points de ravitaillement vérifiés à l'avance, des colis envoyés là où les commerces manquent, et un jour de marge à chaque fois : c'est ce qui permet de marcher deux ou trois semaines avec un sac raisonnable. Le temps passé à préparer la logistique se récupère en légèreté sur chaque kilomètre.