Créer et suivre une trace GPX : le guide pratique du randonneur

En bref : Un fichier GPX est une liste de points avec leur altitude. On le crée sur un outil de tracé en ligne, on le vérifie sur une carte IGN, puis on le charge dans son téléphone ou sa montre avec les fonds de carte téléchargés hors ligne. Sans carte hors ligne, une trace ne sert à rien.

Le fichier GPX est devenu le format commun de la randonnée : on en télécharge un sur le site d'un office de tourisme, on l'envoie sur sa montre, et on part. Cette facilité masque trois pièges qui coûtent cher : une trace peut être fausse, son dénivelé annoncé est souvent surévalué de trente pour cent, et elle ne sert à rien sans fond de carte hors ligne.

Voici ce qu'il y a dedans, comment en faire un bon, et comment le suivre sans se faire avoir.

Ce que contient un fichier GPX

C'est un fichier texte, lisible dans n'importe quel éditeur, qui décrit des positions. Il contient trois types d'objets, et la confusion entre eux est la première source d'ennuis.

La trace, ou track. Une suite dense de points enregistrés, souvent plusieurs milliers, avec leur latitude, leur longitude, leur altitude et parfois l'heure de passage. C'est l'enregistrement d'un parcours réellement effectué, ou le dessin d'un itinéraire prévu. C'est ce que vous voulez dans 95 % des cas.

L'itinéraire, ou route. Une poignée de points de passage que l'appareil relie entre eux en calculant un chemin. Utile en voiture, dangereux en montagne : l'appareil peut relier deux points par une ligne droite qui traverse une barre rocheuse.

Les points d'intérêt, ou waypoints. Des positions isolées et nommées : une source, un refuge, un emplacement de bivouac, un gué. Ils s'ajoutent à une trace et ce sont eux qui la rendent vraiment utile sur le terrain.

Où trouver une trace fiable

Par ordre de confiance décroissante :

Quatre vérifications avant de faire confiance à une trace téléchargée :

  1. Superposez-la à une carte IGN au 1:25 000. Un sentier réel apparaît en pointillés noirs. Une trace qui coupe des courbes de niveau serrées sans suivre de sentier n'est pas un itinéraire, c'est un trait. Notre guide pour lire une carte IGN explique comment lire ces signes.
  2. Regardez la date. Un sentier peut avoir été emporté par un éboulement, une passerelle démontée, un pont détruit par une crue.
  3. Vérifiez le sens. Certains passages se montent bien et se descendent mal.
  4. Contrôlez la cohérence du profil altimétrique. Des dents de scie verticales de trente mètres sur un plateau signalent un enregistrement bruité, pas un relief.

Le piège du dénivelé annoncé

C'est l'erreur la plus répandue, et elle fausse toute la planification.

Une trace enregistrée par GPS comporte du bruit : la précision verticale d'un GPS grand public est de l'ordre de dix à quinze mètres, et elle fluctue en permanence. Si le logiciel additionne toutes les micro-variations entre points successifs, il compte des montées qui n'existent pas. Sur un parcours réel, l'écart atteint couramment 20 à 40 % de dénivelé positif en trop.

Concrètement, une trace affichant 1 800 mètres de dénivelé positif peut en compter 1 300 dans la réalité. Vous prévoyez alors une journée beaucoup plus dure qu'elle ne l'est, ou vous calez un horaire sur le mauvais chiffre.

Trois réflexes :

Ce chiffre conditionne directement l'estimation du temps de marche, sujet que notre article sur le nombre de kilomètres par jour avec un sac chargé traite en détail.

Suivre une trace sur le terrain

Téléchargez les cartes hors ligne. Avant de partir, pas au parking. C'est la règle la plus importante de cet article. En montagne, il n'y a pas de réseau, et une trace affichée sur un fond blanc ne vous apprend rien : vous voyez votre position par rapport à un trait, sans savoir ce qu'il y a autour, ni où est la crête, ni où descend le sentier de secours.

Une trace n'est pas une navigation. Elle dit où passer, pas où vous êtes par rapport au terrain. Quand le brouillard tombe, quand la trace s'écarte de cinquante mètres du sentier visible, quand il faut décider d'un itinéraire de repli, ce sont la carte et la boussole qui répondent. Nos articles sur la navigation en randonnée et sur l'orientation à la boussole restent le socle, et le GPX en est le complément, pas le remplacement.

Emportez la carte papier du secteur. Cent grammes, et c'est la seule chose qui fonctionne encore avec un téléphone mort ou noyé.

Ajoutez des points d'intérêt à votre trace. Les sources, les abris, les emplacements de bivouac repérés, les gués et les bifurcations pièges. C'est ce qui transforme un trait en outil de décision : quand vous hésitez à continuer, savoir qu'une source se trouve à vingt minutes change la réponse. Notre article sur le franchissement des gués explique pourquoi la position exacte des passages à pied sec mérite d'être marquée à l'avance.

Surveillez la batterie. Un suivi GPS continu consomme énormément. Mode avion activé, écran éteint la plupart du temps, enregistrement en fréquence réduite.

Créer sa propre trace, proprement

Importer sa trace dans un projet Bivtrack

Une trace seule ne dit ni où dormir, ni combien de jours il faut. C'est exactement là que le travail commence.

Avec Bivtrack, vous importez votre GPX dans un projet, et la détection automatique de bivouac parcourt la trace pour identifier les emplacements plausibles le long du parcours, en croisant le relief et la végétation : des zones plates, abritées, à distance raisonnable du sentier. L'analyse multi-étapes découpe ensuite l'itinéraire en journées avec un bivouac optimal par nuit, ce qui donne le nombre de jours réel et l'altitude de chaque nuit, deux chiffres qu'un fichier GPX ne contient pas. Chaque spot retenu se garde dans un carnet avec ses informations pratiques, altitude, point d'eau, type de terrain, et l'export GPX permet de récupérer l'ensemble, trace et points de bivouac, pour l'envoyer sur une montre ou un GPS. La méthode complète est décrite dans notre article sur la planification des étapes d'un long trek.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une trace et un itinéraire dans un GPX ?

La trace est une suite dense de points qui décrit précisément le chemin parcouru ou prévu. L'itinéraire ne contient que quelques points de passage, que l'appareil relie lui-même, parfois en ligne droite à travers un terrain infranchissable. En montagne, utilisez toujours une trace.

Pourquoi le dénivelé de ma trace GPX est-il faux ?

Parce que l'altitude mesurée par un GPS fluctue de dix à quinze mètres en permanence, et que le logiciel additionne ces micro-variations comme s'il s'agissait de vraies montées. L'écart atteint couramment 20 à 40 % en trop. Utilisez un calcul basé sur un modèle de terrain, ou un lissage à cinq ou dix mètres.

Peut-on suivre une trace GPX sans réseau ?

Oui, le GPS fonctionne sans réseau téléphonique, mais l'affichage de la carte, lui, en a besoin s'il n'a rien en mémoire. Téléchargez les fonds de carte du secteur avant de partir, depuis chez vous. Sans cela, vous verrez un trait sur un fond vide.

Faut-il encore une carte papier avec un GPX ?

Oui. Un téléphone se noie, se casse, se décharge ou refuse de s'allumer par grand froid, et c'est généralement le jour où ça compte. Cent grammes de carte IGN et une boussole restent le seul système qui ne tombe jamais en panne.

Conclusion

Un bon fichier GPX est une trace vérifiée sur une carte IGN, dont le dénivelé a été recalculé, enrichie de points d'intérêt utiles, et chargée dans un appareil dont les cartes sont déjà téléchargées. Un mauvais fichier GPX est un trait anonyme trouvé en ligne, suivi les yeux sur l'écran. La différence tient à vingt minutes de préparation la veille, et elle décide de ce qui se passe le jour où le brouillard tombe.

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